Cancer de la prostate : côté sexe, on en parle !

Avoir une libido en berne laquelle annihile toute possibilité d’avoir des relations sexuelles, c’est la principale difficulté à laquelle sont confrontés les hommes soignés pour un cancer de la prostate. Cet obstacle conduit les hommes à cacher leur maladie de peur des moqueries de la part de ceux qui ont toutes leurs facultés en la matière. J’y suis confronté, alors parlons-en…

La vie à deux, souvent difficile lorsque survient le cancer de la prostate (Photo LDD Pixabay)

La baisse de libido entraîne souvent des problèmes au sein du couple. Le partenaire a tendance à associer la baisse du désir à une diminution de l’amour et de l’intérêt que l’autre lui porte. Cette situation entraine des tensions, parfois une séparation voire une déprime sévère pour l’homme concerné, pouvant aller jusqu’au suicide. Si pour le commun des mortels, le sexe n’est pas le plus important, en être soudainement privé peut entrainer des désordres psychologiques. La consultation d’un sexologue s’avère alors indispensable.

Mais dans le cas d’une affection prostatique, ce n’est pas la maladie qui porte atteinte à notre vie sexuelle et à notre virilité, nous les hommes. Sauf peut-être dans une phase très avancée. Ce sont plutôt les traitements qu’on nous inflige et en particulier l’hormonothérapie, un traitement très utilisé pour réduire l’activité de certains cancers.

Le cancer de la prostate est un cancer hormono-dépendant (ou hormonosensible), comme celui du sein chez nos amies les femmes. C’est-à-dire que les hormones jouent un rôle dans la prolifération des cellules cancéreuses. Et dans le cas des hommes, c’est la testostérone, hormone mâle sécrétée principalement pas les cellules de Leydig, situées dans les testicules, qui est concernée. La prostate qui contribue au bon fonctionnement de l’appareil reproducteur véhicule ces hormones via le sang qui se charge en cellules cancéreuses afin de les disséminer ailleurs. Pour réduire le risque de prolifération, les cancérologues ont recours à l’hormonothérapie, un traitement médicamenteux qui permet de réduire le taux de testostérone. C’est ce qu’on appelle la castration chimique. Un terme barbare qui, de prime abord, fait peur.

Tout le monde ne le sait pas, mais un bon taux de testostérone est associé à la performance sexuelle, au bon fonctionnement du système reproducteur, à l’entretien de la masse musculaire et à la pousse des cheveux et des poils. Avec un taux faible, les hommes voient leurs capacités sexuelles se réduire à néant et leur masse musculaire fondre comme neige au soleil. Adieu les pectoraux et autres biceps, ce n’est plus, au bout de quelques années, qu’un vague souvenir.

C’est cette perte d’une partie du fonctionnement de son corps, et non des moindres, qui fait du cancer de la prostate une affection taboue. Les hommes n’osent pas en parler et certains préfèrent même ne pas se faire soigner.

Continuer à vivre, malgré tout.

C’est vrai que dans notre société à la sexualité souvent débridée, il est plus facile de se vanter de ses performances sexuelles auprès d’un cercle d’amis qu’oser avouer que c’est la bérézina, bref que ce sexe que d’aucuns considère comme l’élément essentiel de leur masculinité, a décidé de rester au repos. La honte, quoi… Le dire, c’est provoquer des railleries de bas étage de la cantonade et qui risque de se propager plus vite que le cancer.

Et pourtant, pas de quoi rire, puisqu’un homme sur sept y passera dans sa vie. Alors si ce n’est pas maintenant, ce sera pour plus tard. Et ce cancer ne choisit pas : il touche indistinctement les bêtes de sexe comme ceux qui font abstinence. Peut-être vous qui riez dans votre barbe…

On peut en parler. Je le fais régulièrement, c’est même une forme de thérapie qui fait du bien. Et l’avouer plutôt qu’attendre que ça se sache, c’est aussi un moyen de couper court à toutes les rumeurs les plus fantaisistes sur le sujet. Si je ne m’en cache pas, – moi qui ai osé dire à mon oncologue : « Vivre ou baiser, j’ai choisi » -, j’avoue que ça n’a pas été aussi simple d’en parler.

Préférant maintes fois prendre des détours, j’ai vécu ce début de maladie comme un véritable handicap : celui de ne plus pouvoir assurer mon statut de mâle. Quoique ouvert sur le sujet, j’ai vu mon corps changer. Et de cette activité sexuelle que j’ai pu avoir avec ma partenaire, j’en rêve désormais la nuit. Car il ne me reste plus que ça : rêver…

Bien sûr, il reste l’amour de l’être cher, très important, lequel ne passe pas toujours par un acte sexuel, et une consultation chez un sexologue, possible, mais pas suffisante pour combler le déficit. Une partie de ma vie s’est donc envolée et j’ai dû pendre sur moi pour faire fi des sourires gênés de ceux que je croisais et qui savaient.

Après cinq ans de combat contre cette maladie sournoise, j’y pense encore et je me demande quand je reverrai mon sexe se gonfler de désir ? Peut-être jamais. Comme mes testicules dont la taille s’est réduite ou mes muscles qui fondent et que je réussis à maintenir à peu près en forme, grâce à l’activité physique. Oui, ce n’est pas simple la vie de cancéreux de la prostate. Mais je m’adapte et je ne me plains pas. L’essentiel, c’est de rester en vie et aimer celle avec qui je partage ma vie. Le reste à maintenant peu d’importance.

La Nordicancer : un événement populaire ouvert à tous

Organiser un événement sportif de masse, afin de collecter des fonds plus importants pour aider chercheurs et médecins à aller vers la guérison du cancer ou sa protection, l’idée trotte dans la tête des dirigeants de l’association Cancer Osons depuis le début. Ce sera chose faite le 15 mai avec une édition limitée de la NordiCancer, dans le parc de Pignerolles à Saint-Barthélemy-d’Anjou.

Dernière information : cette première expérience est annulée

Nordicancer rassemblement marche nordique et randonnée à Saint Barthélemy d'Anjou en soutien à la recherche contre les cancers masculin
L’affiche de la Nordicancer 2022 (conception Pedro Lerebours)

Celles et ceux qui sont touchés par un cancer le savent : la marche nordique est l’activité physique de référence, cellequi permet de faire fonctionner, sans efforts importants et surtout sans traumatismes, environ 85% de notre système musculaire. C’est pour cela que cette activité est conseillée par les cancérologuesdans le cadre des programmes d’Activité Physique Adaptée (APA). Selon certains médecins, la pratique d’une activité physique pendant ou après un programme lourd (chimiothérapie, radiothérapie…) permettrait d’allonger l’espérance de vie et d’accroitre les chances de guérir de la maladie.

L’association Cancer Osons s’intéresse à cette activité depuis sa création. Elle en assure même la promotion auprès de ses membres, en organisant chaque semaine une sortie d’une heure dans un site naturel de la région d’Angers. Une dizaine de personnes participe chaque semaine.

La principale activité de Cancer Osons est d’organiser des événements permettant de sensibiliser le public à ce fléau qu’est le cancer, notamment chez les hommes. Ces événements sont aussi l’occasion de collecter des fonds afin d’aider la recherche, les soignants, les accompagnateurs, mais aussi pour organiser des conférences, l’encouragement au dépistage précoce, des activités de bien-être, tout ce qui peut contribuer à améliorer la situation des patients en cours de soins.

S’inspirant des rassemblements sportifs d’Octobre Rose qui connaissent un grand succès en permettant aux organisatrices de collecter des sommes importantes, l’association Cancer Osons a souhaité organiser un événement de masse, ouvert aux marcheurs et marcheuses nordique, mais pas seulement. Cet événement qui portera le nom de Nordicancer, sera organisé le 5 févier 2023, depuis le parc de Pignerolles à Saint-Barthélemy-d’Anjou.

Un événement sportif pour mettre en lumière les cancers spécifiquement masculins. 

Contrairement au Prostate Music Tour, qui est organisé en novembre, dans le cadre de l’opération Movember, la NordiCancer est organisée à une autre période, puisque le cancer n’agit pas qu’un mois par an, mais toute l’année. 

Ouvert à tous, sans esprit de compétition, cet événement solidaire se fixe pour objectif de mettre en lumière les hommes touchés par un cancer de la prostate ou du testicule, qui suivent des traitements qui affectent leur virilité et leur sexualité. Pas facile d’en parler. 

Afin de tester la faisabilité de cet événement sportif (inscription, règlement, encadrement), une première expérience à nombre de participants limité, est organisé le 15 mai prochain à 9h, sur un parcours de 6,5 km, tracé dans le parc de Pignerolles. 

100 personnes maximum sont invitées à s’inscrire pour une marche nordique, mais aussi marche sportive ou rando (sans bâtons). L’inscription fixée à 12 euros, permet de couvrir les frais d’assurance, la fourniture d’un tee-shirt bleu lagon aux couleurs de l’association et la collation qui suivra.

Des photos seront réalisées afin de servir de visuel pour la première grande édition de février. Cette première se fixe pour objectif de rencontre aussi les clubs de marche de la région qui pourraient être associés à l’événement.  

Déjà, l’IFEPSA (Institut de Formation en Éducation Physique et en Sport) des Ponts-de-Cé a donné son accord pour participer à l’organisation du rendez-vous de février. Les établissements de santé spécialisés en oncologie, les associations qui s’investissent dans la lutte contre le cancer, les équipementiers sportifs, seront sollicités pour nous aider à organiser cet événement et collecter le plus de fonds possibles.

Les bénévoles qui voudraient se joindre à nous sont les bienvenus. 

Un nouveau Conseil d’Administration et des projets pour Cancer Osons

Faisant suite à l’Assemblée Générale qui avait lieu le 28 janvier dernier, les membres du nouveau Conseil d’Administration se sont réunis le mois suivant pour élire leur bureau. Pas de grands changements, mais avec l’arrivée de nouveaux membres, les idées ne manquent pas. En plus du Prostate Music Tour, les dirigeants planchent sur l’organisation d’un événement sportif de grande ampleur.

Le Conseil d’Administration 2022

Depuis la dernière Assemblée Générale de l’association Cancer Osons, deux nouvelles personnes ont rejoint le Conseil d’Administration en remplacement de celle et celui qui l’ont quitté pour des raisons personnelles. Les plus anciens, même si l’association n’est pas si vieille, sont ravis d’accueillir Martine Schalfli et Florence Petiteau. Ils entérinent par la même occasion, la mise en place d’une antenne en Bretagne, assurée par Eric Mauricard, déjà chargé de la programmation musicale et son épouse Martine. 

Ce nouveau Conseil a également acté la mise en place d’une commission de suivi des donateurs.  Celle-ci étudiera et proposera des actions avec les entreprises qui effectuent chaque année des dons. Elle assurera le suivi de sommes remises, les remerciement et l’envoi des justificatifs.

Les bénéfices dégagés par l’association ont été moins importants que l’année 2019, certaines entreprises donatrices ayant des difficultés financières, suite à la crise sanitaire et la crise économique qui lui était liée. Un courrier a été envoyé aux 29 établissements hospitaliers de la région des Pays de la Loire, dédiés ou ayant une unité de cancérologie, afin qu’ils puissent proposer un projet subventionable par l’association. Le ou les établissements seront choisis courant mai.

Parmi les projets étudiés par l’association : un partenariat avec l’Université d’Angers et notamment sa Faculté de Tourisme, Culture et Hospitalité (ESTHUA) qui propose un « Master Événementiel », pour développer le nos événements culturels et sportifs, et un partenariat avec l’Institut de Formation en Éducation Physique et en Sport (IFEPSA) des Ponts-de-Cé, pour l’organisation d’un événement sportif.

« Tous en bleu pour lutter contre les cancers masculins »

Cet événement qui prendra le nom de « NordiCancer » a pour objet d’organiser un rassemblement de pratiquants de la marche nordique souhaitant soutenir notre cause, avec un slogan : « Tous en bleu pour lutter contre les cancers masculins », mais aussi tous les autres cancers.

La NordiCancer envisagée au Parc de Pignerolles à Saint Barthélemy d’Anjou, comprendra plusieurs parcours sur lesquels des personnes venues de toute la France, pourront marcher et découvrir la région. Plusieurs parcours dont un chronométré, pour les plus sportifs, partiront de l’extérieur et rejoindront le parc. Deux parcours plus petits dont un à l’intérieur du parc seront réservés à celles et ceux qui veulent s’initier à ce sport très en vogue, pratiqué par les personnes touchées par un cancer pratiquent dans le cadre de l’Activité Physique Adaptée (APA). Un parcours d’orientation de nuit, à la frontale, est également envisagé. Un village réservé aux associations et structures partenaires sera également installé. Le public et les sportifs présents pourront également s’initier à d’autres activités physiques (arts martiaux, escrime, tir à l’arc, jeux de ballons…). Ce grand rassemblement permettra de collecter des fonds pour soutenir la recherche, les protocoles de soins et les opérations d’accompagnement des patients. 

Un test de cet événement est prévu le dimanche 15 mai pour une centaine de marcheurs de la région qui veulent bien participer. Ce test, outre le fait qu’il permettra de faire du sport par petits groupes, permettra de prendre des photos et vidéos pour la communication de la manifestation prévue en 2023. 

Enfin l’association cherche toujours à organiser un concert équivalent à celui organisé au Chabada à Angers, à Lorient (Morbihan). Des négociations sont toujours en cours avec une salle installée au cœur de l’ancienne base sous-marine de Lorient. Une chose est certaine, les événements concernant la cause que l’association soutient, ne seront plus seulement organisés en novembre, mois de mise en lumière des cancers masculins dans le cadre de l’opération Internationale « Movember ». Pour les dirigeants, le cancer ce n’est pas seulement pendant un mois, mais toute l’année. Dont acte.